De Brazzaville à Alger, la RDC déploie une diplomatie énergétique pour repositionner son secteur pétrolier
La République démocratique du Congo a multiplié depuis la fin de 2025 les initiatives diplomatiques destinées à repositionner son secteur des hydrocarbures, dans une démarche visant à attirer les inve...
La République démocratique du Congo a multiplié depuis la fin de 2025 les initiatives diplomatiques destinées à repositionner son secteur des hydrocarbures, dans une démarche visant à attirer les investissements, renforcer la coopération régionale et faire de l'énergie un pilier de diversification économique aux côtés des mines.
La ministre d'État chargée des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a intensifié les rencontres bilatérales et multilatérales avec des partenaires africains et internationaux.
La première séquence s'est déroulée à Brazzaville, lors de la 48e session du Conseil des ministres de l'Organisation des producteurs de pétrole africains (African Petroleum Producers' Organization, APPO), tenue le 4 novembre 2025. À cette occasion, la RDC a été élue à la vice-présidence de l'organisation pour 2026, la présidence revenant à la Côte d'Ivoire. Kinshasa y a présenté plusieurs priorités : la réduction du torchage du gaz dans le bassin côtier de Muanda en vue de produire de l'électricité, la valorisation des 66 milliards de mètres cubes de méthane du lac Kivu, et l'élaboration d'un cadre juridique propre au gaz de pétrole liquéfié (GPL).
La stratégie ne se limite pas aux enceintes pétrolières. À Washington, la ministre a appelé les entreprises américaines à investir dans la transformation locale du cuivre et du cobalt, deux minerais essentiels à la transition énergétique mondiale, traduisant une volonté de mieux articuler les politiques minière et énergétique pour développer la valeur ajoutée locale.
En Tanzanie, les discussions ont porté sur la gestion commune du potentiel pétrolier du lac Tanganyika et sur la lutte contre la fraude sur les produits pétroliers en transit, qui ferait perdre près de 800 millions de dollars par an aux recettes publiques congolaises selon les estimations présentées ; la délégation a aussi visité les installations portuaires et pétrolières de Dar es Salaam pour étudier l'amélioration de l'approvisionnement du marché congolais.
En Ouganda, les discussions bilatérales ont abouti à la signature de six protocoles d'accord, notamment dans les infrastructures énergétiques et les projets de pipelines transfrontaliers.
La mission en Algérie a constitué l'un des temps forts de cette séquence. Le 30 mai 2026 à Alger, la RDC et l'Algérie ont signé un protocole d'accord couvrant l'exploration, le raffinage, le stockage, le transport et la formation des ressources humaines.
Pour Kinshasa, l'objectif est de bénéficier de l'expérience de Sonatrach, première compagnie pétrolière d'Afrique, afin de moderniser sa chaîne de valeur, notamment la mise en place d'une banque de données pétrolières conforme aux standards internationaux.
La délégation a visité les laboratoires techniques de Sonatrach, l'Institut algérien du pétrole et la raffinerie d'Alger, et Kinshasa souhaite développer une coopération technique entre sa société nationale Sonahydroc et Sonatrach.
L'ensemble traduit une évolution de la stratégie congolaise. Longtemps centrée sur la seule attribution des blocs pétroliers, la politique des hydrocarbures cherche désormais à couvrir toute la chaîne de valeur, de l'exploration à la distribution, en passant par la transformation, le transport, le stockage et la formation, tout en répondant aux besoins d'intégration énergétique de l'Afrique centrale et orientale.
Le défi demeure la conversion. Le potentiel énergétique congolais est considérable, mais sa contribution à la croissance dépendra de la capacité du pays à transformer ces accords diplomatiques en investissements concrets, en infrastructures et en projets créateurs d'emplois.
Plusieurs des priorités affichées, la valorisation du méthane du lac Kivu, la réduction du torchage à Muanda, la filière GPL, sont des ambitions de long terme dont aucune n'est encore adossée à un financement ou un calendrier rendus publics. C'est sur ce terrain, et non sur le nombre d'accords signés, que se mesurera l'efficacité de cette diplomatie énergétique.
La ministre d'État chargée des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a intensifié les rencontres bilatérales et multilatérales avec des partenaires africains et internationaux.
La première séquence s'est déroulée à Brazzaville, lors de la 48e session du Conseil des ministres de l'Organisation des producteurs de pétrole africains (African Petroleum Producers' Organization, APPO), tenue le 4 novembre 2025. À cette occasion, la RDC a été élue à la vice-présidence de l'organisation pour 2026, la présidence revenant à la Côte d'Ivoire. Kinshasa y a présenté plusieurs priorités : la réduction du torchage du gaz dans le bassin côtier de Muanda en vue de produire de l'électricité, la valorisation des 66 milliards de mètres cubes de méthane du lac Kivu, et l'élaboration d'un cadre juridique propre au gaz de pétrole liquéfié (GPL).
La stratégie ne se limite pas aux enceintes pétrolières. À Washington, la ministre a appelé les entreprises américaines à investir dans la transformation locale du cuivre et du cobalt, deux minerais essentiels à la transition énergétique mondiale, traduisant une volonté de mieux articuler les politiques minière et énergétique pour développer la valeur ajoutée locale.
En Tanzanie, les discussions ont porté sur la gestion commune du potentiel pétrolier du lac Tanganyika et sur la lutte contre la fraude sur les produits pétroliers en transit, qui ferait perdre près de 800 millions de dollars par an aux recettes publiques congolaises selon les estimations présentées ; la délégation a aussi visité les installations portuaires et pétrolières de Dar es Salaam pour étudier l'amélioration de l'approvisionnement du marché congolais.
En Ouganda, les discussions bilatérales ont abouti à la signature de six protocoles d'accord, notamment dans les infrastructures énergétiques et les projets de pipelines transfrontaliers.
La mission en Algérie a constitué l'un des temps forts de cette séquence. Le 30 mai 2026 à Alger, la RDC et l'Algérie ont signé un protocole d'accord couvrant l'exploration, le raffinage, le stockage, le transport et la formation des ressources humaines.
Pour Kinshasa, l'objectif est de bénéficier de l'expérience de Sonatrach, première compagnie pétrolière d'Afrique, afin de moderniser sa chaîne de valeur, notamment la mise en place d'une banque de données pétrolières conforme aux standards internationaux.
La délégation a visité les laboratoires techniques de Sonatrach, l'Institut algérien du pétrole et la raffinerie d'Alger, et Kinshasa souhaite développer une coopération technique entre sa société nationale Sonahydroc et Sonatrach.
L'ensemble traduit une évolution de la stratégie congolaise. Longtemps centrée sur la seule attribution des blocs pétroliers, la politique des hydrocarbures cherche désormais à couvrir toute la chaîne de valeur, de l'exploration à la distribution, en passant par la transformation, le transport, le stockage et la formation, tout en répondant aux besoins d'intégration énergétique de l'Afrique centrale et orientale.
Le défi demeure la conversion. Le potentiel énergétique congolais est considérable, mais sa contribution à la croissance dépendra de la capacité du pays à transformer ces accords diplomatiques en investissements concrets, en infrastructures et en projets créateurs d'emplois.
Plusieurs des priorités affichées, la valorisation du méthane du lac Kivu, la réduction du torchage à Muanda, la filière GPL, sont des ambitions de long terme dont aucune n'est encore adossée à un financement ou un calendrier rendus publics. C'est sur ce terrain, et non sur le nombre d'accords signés, que se mesurera l'efficacité de cette diplomatie énergétique.